LE « STAT’ART » ou art statistique.
CONCEPT :
Né au printemps 2007 au sein du collectif NLR, Le STAT’ ART est une approche plastique des
nombres abstraits issus des statistiques, des bases de données et de
l’infosphère. C'est aussi – et souvent – une mise en rapport sémantique
de certains éléments avec ces nombres abstraits.
Dans la perspective qui nous intéresse, il faut entendre par nombre abstrait
toute donnée numérale dont la représentation en tant qu'objet tangible
échappe à l'entendement commun : On constate généralement qu'au delà
d'une certaine valeur, tout nombre (et plus spécifiquement tout
dénombrement) devient abstrait quant à son idéation visuelle ; in fine,
quant à la compréhension sensible de l'information qu'il véhicule.
Propos qui peut s'illustrer avec la rubrique "faits divers" d'un
quotidien à grand tirage : On imagine assez facilement, par exemple, ce
que représente "17 skieurs", disparus dans une avalanche. (On parvient
plus ou moins à visualiser le drame, même sans photos.) En revanche, on
conçoit hélas avec beaucoup plus de difficulté une information telle
que "les émanations du gaz toxique ont provoqué la mort de 418
personnes". (elles auraient provoqué la mort de 836 personnes (le
double), ça ne changerait que très modérément notre niveau émotif.)
D'autant que pour ce genre de tragédie, les médias ne transmettent
jamais des images de la totalité
des victimes. Si l'on aborde maintenant des données beaucoup plus
importantes, de l'ordre de plusieurs milliers ou plusieurs millions,
l'esprit humain est obligé, pour appréhender tant bien que mal
l'information, de se référer à des modèles globaux, au détriment de
l'étendue de la valeur-unité (qu'il ne perçoit plus). Pour se figurer un événement donné, il ne lui reste que la comparaison du nombre en question avec des modules standards de contenants
tels " un wagon de métro" (environ 100 personnes) ; "un stade de foot"
- (10.000 personnes) ; une capitale européenne (1.000.000 de personnes)
; etc. Face aux grands nombres, la conscience qu'a le récepteur du
nombre d'individus (ou d'unités), on le voit, s'efface peu à peu face à l'ensemble. Ensemble qui
plastiquement – nous dirions spatialement – n'en est pas moins confus
dans l'esprit du récepteur. " Six millions de juifs, c'est grand
comment ?" demandait un jeune garçon à sa maman qui lui expliquait la
démesure et l'horreur de la Shoah. "Très très grand. Comme tous les
gens d'un pays" lui répond la mère, un peu décontenancée face à la
question. "D'un pays grand comme la France?" reprend le garçonnet, etc.
Les grands nombres fascinent autant qu'ils laissent parfois
perplexe, peu habitués que nous sommes à manipuler des données si
conséquentes. Pourtant, il serait parfois bon de se rendre compte. De se représenter concrètement, relativement, ces données.
A l'ère de l'hyper-information (réseaux à hauts
débits, bases de données gigantesques, datas "liquides" ou immatérielles), le STAT'ART est un mouvement
qui considère comme légitime le besoin parfois inconscient qu'a l'homme
de se figurer analogiquement
des données irrationnelles. Il essaye de répondre à ce besoin par une
approche plastique pertinente, et dont l'esthétique optimise la
cohérence avec l'idée développée.
Pour plus de détails, d'explications : visiter mon blog dédié, avec notamment le projet "SIX MILLIONS" : c'est ICI.